Vous vendez un appartement ou une maison et le notaire vous réclame un « dossier de diagnostic technique ». Derrière ce terme se cache une série de contrôles obligatoires, regroupés dans un document unique appelé DDT (dossier de diagnostic technique). Leur nombre varie selon l’âge du bien, sa localisation et le type de logement. Voici ce qu’il faut savoir pour ne pas bloquer la vente.
Validité des diagnostics immobiliers : le piège des anciens DPE
Avant de lister les diagnostics à fournir, un point mérite toute votre attention. Tous les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 ont perdu leur validité au 1er janvier 2025. Concrètement, si votre diagnostic de performance énergétique date de 2019 ou 2020, il est inutilisable pour une vente aujourd’hui.
Ce décalage piège beaucoup de vendeurs qui pensent disposer d’un DPE encore valide. La durée de validité standard reste de dix ans, mais elle ne s’applique qu’aux DPE établis depuis le 1er juillet 2021, date à laquelle la méthode de calcul a été réformée.
Pourquoi vérifier ce point en premier ? Parce que le DPE doit figurer dans l’annonce de vente, avec l’étiquette énergie et l’étiquette climat. Sans DPE valide, l’annonce ne peut pas être publiée légalement. C’est donc le diagnostic à commander en priorité.

Audit énergétique obligatoire pour les logements classés E, F ou G
Le DPE seul ne suffit plus pour les logements les moins performants. Depuis le 1er avril 2023, un audit énergétique est exigé pour la vente des maisons individuelles et immeubles en monopropriété classés F ou G. Depuis le 1er janvier 2025, cette obligation s’étend aux logements classés E.
L’audit énergétique va plus loin que le DPE. Il propose au moins deux scénarios de travaux de rénovation, avec une estimation du coût et du gain de performance attendu. L’acquéreur reçoit ainsi une feuille de route concrète.
L’audit ne remplace pas le DPE : les deux documents sont exigés. Le DPE évalue la situation actuelle, l’audit projette les améliorations possibles. Pour un logement classé A, B, C ou D, seul le DPE reste requis.
Diagnostics liés à la date de construction du bien
Plusieurs diagnostics ne concernent que les logements anciens. Le critère déclencheur est presque toujours l’année du permis de construire.
- Le diagnostic amiante concerne tous les biens dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997. Si le résultat est négatif, sa validité est illimitée. En cas de présence d’amiante, un contrôle est nécessaire tous les trois ans.
- Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) vise les logements construits avant le 1er janvier 1949. Si la concentration détectée dépasse le seuil réglementaire, le constat a une validité d’un an pour la vente. S’il est négatif, il reste valable sans limite.
- Les diagnostics gaz et électricité sont obligatoires lorsque l’installation a plus de quinze ans. Leur validité est de trois ans. Ils portent sur la sécurité des équipements, pas sur leur conformité aux normes actuelles.
Pour un appartement dans un immeuble récent (moins de quinze ans, construit après 1997), ces quatre diagnostics ne s’appliquent pas. Le dossier est alors nettement plus léger.
Diagnostic termites et état des risques
Le diagnostic termites est obligatoire uniquement dans les zones délimitées par arrêté préfectoral. Sa validité est de six mois, ce qui en fait l’un des diagnostics à commander le plus tard possible avant la signature.
L’état des risques et pollutions (ERP) concerne tous les biens sans exception. Il informe l’acquéreur sur les risques naturels, miniers, technologiques et la pollution des sols. Sa validité est aussi de six mois.

Coût et responsabilité du vendeur : qui paie les diagnostics immobiliers
Le vendeur assume la totalité des frais. Le diagnostiqueur doit être certifié par un organisme accrédité et disposer d’une assurance responsabilité civile professionnelle. Un diagnostic réalisé par un professionnel non certifié n’a aucune valeur légale.
Vous avez la possibilité de regrouper tous les diagnostics chez un même prestataire. C’est d’ailleurs la solution la plus courante, car elle réduit le coût global et simplifie la coordination.
Que se passe-t-il si un diagnostic obligatoire manque ou s’avère erroné ? L’acquéreur peut invoquer un vice caché ou demander une diminution du prix. Dans certains cas, la vente peut être annulée. Un DPE erroné engage la responsabilité du diagnostiqueur et du vendeur.
Récapitulatif des durées de validité
| Diagnostic | Validité |
|---|---|
| DPE | 10 ans (uniquement si réalisé après le 1er juillet 2021) |
| Audit énergétique | 5 ans |
| Amiante (négatif) | Illimitée |
| Plomb (négatif) | Illimitée |
| Plomb (positif) | 1 an |
| Gaz | 3 ans |
| Électricité | 3 ans |
| Termites | 6 mois |
| État des risques (ERP) | 6 mois |
Consultez ce tableau avant de signer le compromis. Les diagnostics à durée courte (termites, ERP) doivent être commandés au bon moment pour éviter qu’ils n’expirent avant la signature de l’acte authentique.
Quand faut-il commander ses diagnostics avant la vente
Le DPE est nécessaire dès la mise en vente puisqu’il figure dans l’annonce. Les autres diagnostics doivent être remis au plus tard lors de la signature du compromis ou de la promesse de vente.
En pratique, faire réaliser l’ensemble des diagnostics dès la décision de vendre évite les retards. Le notaire vérifiera la complétude du DDT et vous alertera en cas de pièce manquante ou périmée.
Un dernier point à garder en tête : la surface habitable (loi Carrez pour un lot de copropriété) n’est pas un diagnostic à proprement parler, mais son absence dans l’acte de vente ouvre un droit de contestation à l’acquéreur pendant un an après la signature. Mieux vaut la faire mesurer par le même professionnel, le jour de la visite technique.